La maladie von Willebrand

Depuis quelques années déjà, la recherche de la « dysplasie de la hanche »est de fait chez le Drahthaar. Les résultats des radios réalisées sont excellents statistiquement pour notre race, > 90% sont en dysplasie « A ».

Par contre une constatation s’impose, trop peu de nos Drahthaars sont radiographiés (en moyenne moins de 10% du cheptel). Depuis que la cotation 2 l’impose dans la grille de sélection, ce chiffre a tendance à progresser et c’est absolument nécessaire pour mener à bien la sélection de notre race.

Néanmoins ne nous focalisons pas uniquement sur cette pathologie qui peut devenir invalidante, mais n’est pas mortelle.

Par contre actuellement il a été recensé en France plusieurs cas concernant la maladie von Willebrand, qui, elle, peut être mortelle.

Cette pathologie est assez fréquente chez le chien, mais aussi chez l’humain.

Définition scientifique :

La maladie von Willebrand désigne toute pathologie hémorragique génétique due à un défaut de la quantité, de la structure ou de la fonction d’un facteur participant à la phase initiale du processus de la coagulation (hémostase) appelé facteur Willebrand, du nom du Dr Erik von Willebrand, médecin Finlandais qui a décrit la maladie en 1926. En humaine, on peut considérer qu’il existe 1 cas sur 8000.

Même si c’est une pathologie qui se soigne, le fait qu’elle soit une « maladie génétique autoso-mique récessive », impose que l’on fasse quelque chose afin d’écarter de la reproduction les chiens atteints par cette maladie et aussi d’éviter d’accoupler des chiens porteurs sains qui risquent d’engendrer des chiots atteints de la maladie (risque de donner naissance à des chiots atteints homozygotes à hauteur de 25%)si les géniteurs sont porteurs sains hétérozygotes.

On peut ainsi calculer la probabilité de la survenue d’une maladie autosome récessive telle que la maladie von Willebrand, en connaissant l’incidence de porteur de l’allèle anormal dans la population générale.

Accouplement Mère saine Mère saine  hétérozygote Mère atteinte homozygote
Père sain 100% chiots sains 50% chiots sains

50% chiots sains
         hétérozygotes

100% chiots sains
           hétérozygotes
Père sain hétérozygote 50% chiots sains


50% chiots sains
         hétérozygotes

25% chiots sains

50% chiots sains
         hétérozygotes

25% chiots atteints
         homozygotes
50% chiots sains
         hétérozygotes

50% chiots atteints
         homozygotes

Père atteint homozygote 100%  chiots sains
            hétérozygotes
50% chiots sains
         hétérozygotes

50% chiots atteints
         homozygotes

100% chiots atteints
           homozygotes

Néanmoins, le fait de connaitre la prévalence de la maladie, permet de prévoir des accouple-ments à risques, mais en connaissance de cause, ceci afin de maintenir une certaine variabilité génétique dans la race.

Dans ce cas il faudra écarter de la reproduction les « chiots atteints homozygotes » issus de ces accouplements.

Il est donc conseillé aux éleveurs d’effectuer les tests ADN de recherche de la maladie von Wil-lebrand sur leurs reproducteurs afin de mettre en sécurité leur élevage et de garantir la production et la cession de chiots sains.

Une autre pathologie existe chez le Drahthaar, toute aussi importante, il s’agit du « syndrome dilatation-torsion d’estomac »qui, quand elle se produit, est une urgence vétérinaire absolue.

Anatomie : Il s’agit d’une affection qui touche les grands chiens avec un thorax profond. Chez les sujets atteints, l’estomac, en plus des aliments ingérés, se remplit de gaz et de liquide de façon anormale après un repas

Tous ces éléments vont faire gonfler l’estomac et ceci peut-être accompagné d’un retournement (ou torsion) de celui-ci. Cette torsion empêche la vidange de l’estomac par l’œsophage ou par les intestins. Elle a aussi pour conséquence la compression de la veine cave et de la veine porte qui assurent le retour du sang vers le cœur. Ceci provoque une hypotension artérielle et une accumula-tion de toxines dans le foie. D’où l’urgence vétérinaire absolue.

Le chien risque la mort si rien n’est fait rapidement pour le sauver.  

Toutes les causes ne sont pas encore connues, mais certaines races y sont sujettes en raison d’une faiblesse du ligament auquel est « suspendu » l’estomac.

Causes les plus courantes :

  • Repas volumineux, avalé trop rapidement par l’animal.
  • Une trop grande quantité d’eau ou d’air absorbée
  • Une activité intense après un repas copieux (jeu, course…) ou un stress important.

Comment reconnaitre le syndrome dilatation-torsion d’estomac et comment réagir

  • Le chien atteint fait des efforts pour vomir (salivation importante, mousse à la gueule). Le ventre est gonflé et sonne creux. Dégradation rapide de l’état général avec parfois des spasmes du cardia et du pylore. L’animal est en état de choc.
  • Dans ce cas, prévenez d’urgence le vétérinaire (en décrivant brièvement l’état de votre animal) que vous arrivez avec votre chien afin qu’il se prépare à une éventuelle chirurgie réparatrice.
  •  A votre arrivée il mettra sans doute votre chien sous perfusion avec antibiotiques, antalgiques et anti-inflammatoires, pour soulager la douleur, éviter les infections et stabiliser son état.
  • Il tentera d’introduire une sonde gastrique afin de libérer les gaz et nettoyer l’estomac.
  • Si la torsion est trop importante pour introduire la sonde, il sera contraint de trocarder à l’endroit le plus gonflé pour vidanger les gaz et ainsi dégonfler l’estomac pour pouvoir remettre en place ce dernier et le fixer sur la paroi abdominale, afin d’éviter une récidive.

Prévention :

  • Alimenter votre chien 2 ou 3 fois par jour, mettre la gamelle au niveau du sol et mettre 1 ou 2 gros cailloux dans celle-ci afin d’empêcher le chien d’avaler trop rapidement ses croquettes, et l’obliger ainsi à mastiquer.
  • Laissez le au calme pour manger, éviter la présence de congénères.
  • Assurez-vous qu’il ait de l’eau fraiche à volonté et en permanence.
  • Eviter les soupes sèches qui risquent de gonfler dans l’estomac.
  • Eviter les aliments fermentescibles (riches en sucres et céréales très cuites qui fermentent rapi-dement dans l’estomac).
  • Evitez les activités physiques trop intenses juste après les repas.
  • Le lien de parenté au 1er degré avec un chien victime de la pathologie augmente le risque de 63%. Dans ce cas, il convient d’écarter de la reproduction les individus touchés.

Soyons très vigilants, il en va de la longévité de notre compagnon.


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