Brevet international de chasse pratique (B.I.C.P.)
sur terre et à l’eau pour chiens d’arrêt
Règlement
(juillet 2004)
Généralités
Les épreuves du BICP qui doivent être l’image exacte de
la chasse pratique avec tir du gibier ont comme but de mettre en évidence
les capacités des chiens d’arrêt dans toutes les phases
de leur action avant et après le coup de feu.
En effet, un bon chien d’arrêt doit, non seulement trouver le
gibier, l’arrêter, mais encore être en mesure de retrouver
le gibier blessé pour rendre le service que lui demande l’utilisateur
et respecter l’éthique de la chasse.
Les résultats pourront être pris en compte pour la sélection au même titre que ceux des autres épreuves de travail réservées aux chiens d’arrêt.
Les épreuves devront se dérouler en conformité avec la réglementation de la chasse en vigueur dans le département.
Chapitre 1
Organisation-Jury
Article 1
Les B.I.C.P.seront organisés pour toutes les races de chiens d’arrêt
- soit par la Société Centrale Canine et les sociétés
canines régionales (épreuves toutes races)
- soit par une association de race (épreuve pour toutes les races,
interclubs ou spéciales, à préciser).
Pour participer au brevet de chasse pratique les chiens doivent être
inscrits à un livre des origines reconnu par la F.C.I.
Article 2
Chaque groupe devra comporter au minimum 6 chiens, et au maximum 12 en plaine
et 16 à l’eau.
Lorsqu’un conducteur présentera plusieurs chiens, il devra le
faire dans le même groupe.
Tous les chiens conduits dans un même groupe devront être présentés
aux mêmes juges dans chaque discipline.
Article 3
Le jury sera composé de deux personnes dont au moins un juge qualifié ou
stagiaire. Le second pourra être juge ou assesseur.
Les juges qualifiés spécialement pour le BTE pourront juger
l’épreuve à l’eau du BICP.
Les juges étrangers habilités pourront également officier.
Article 4
Les chiens seront servis par des tireurs officiels désignés par le comité d’organisation ; Un des juges en exercice dans l’épreuve pourra être tireur.
Article 5
La commission d’utilisation pourra désigner un délégué technique pour tout BICP. Ce délégué sera membre du jury. Il devra rendre un rapport sur les conditions d’organisation de l’épreuve et son déroulement.
Chapitre 2
Travail sur terre
Article 6
Les épreuves se dérouleront sur tout petit gibier à poil
ou à plume. Elles ne seront pas obligatoirement courues à bon
vent mais les juges s’efforceront de mettre tous les chiens dans les
mêmes conditions de travail.
Les terrains devront remplir les conditions d’un véritable biotope
de chasse notamment composé de cultures et couverts permettant de
masquer le gibier et d’assurer sa défense.
Leur surface devra être assez importante pour que les chiens ne puissent
y passer plus de deux fois dans la journée.
La densité du gibier devra être suffisante car il est interdit
d’en lâcher devant les chiens pendant l’épreuve.
Les organisateurs pourront prévoir, dès le matin, un terrain
de réserve à la disposition des juges qui estimeraient devoir
mettre des sujets méritants en présence.
Article 7
Les chiens seront présentés en solo.
Article 8
Le premier passage sera au minimum de quinze minutes pour chaque chien.
Article 9
Le chien devra travailler en contact permanent avec son conducteur et adapter
l’étendue de sa quête et sa vitesse au biotope et à l’épaisseur
du couvert tout en restant dans les limites décrites dans le standard
de sa race.
La quête devra être active, intelligente, méthodique et
bien croisée. A chaque lacet le chien devra passer à moins
d’une portée de fusil de son conducteur.
Le terrain devra être complètement exploré. Le fait de
laisser du gibier, surtout du gibier à plumes, sera pris en compte
dans les jugements en fonction des circonstances.
Article 10
Le chien devra se monter obéissant, rester constamment dans la main du conducteur, ne pourra pousser des pointes injustifiées, indiquer promptement et sans hésitation la présence du gibier, tenir l’arrêt jusqu’à l’arrivée du conducteur, couler seulement à l’ordre et sagement.
Article 11
Les longs coulés sans résultat, les longs arrêts injustifiés,
seront comptés comme des fautes graves s’ils sont trop souvent
répétés.
Mettre délibérément à l’envol, passer ou
taper deux fois du gibier sera sévèrement sanctionné.
Article 12
Pour obtenir le maximum de points à la rubrique « arrêt » un point sur gibier à plumes sera exigé. A défaut et très exceptionnellement après un travail remarquable sur terre, un point sur gibier à poil pourra néanmoins permettre l’attribution du qualificatif excellent. L’immobilité au départ et au coup de feu ne sera pas exigée à la condition que le chien témoigne d’un rappel suffisant. Le chien indiscipliné au départ du gibier qui gênerait le tireur officiel commettrait une faute, celle-ci répétée, constituerait une faute grave sévèrement sanctionnée.
Article 13
Le rapport sera exigé. Il devra avoir lieu, de préférence à l’ordre
et être fait avec la dent douce. Les juges tiendront compte dans leurs
notes de la façon dont une pièce aura été rapportée.
Un chien refusant le rapport sera considéré comme insuffisant.
Un chien qui aura eu l’occasion de retrouver et de rapporter un gibier
blessé pendant son passage en plaine ne sera pas revu pour le rapport à froid.
Article 14
La fermeté de l’arrêt étant obligatoire, le chien ne devra jamais le forcer pour prendre et rapporter avant le commandement une pièce non tirée.
Article 15
Il sera tenu compte de la façon dont un chien, envoyé à la recherche d’un gibier blessé ou tué, l’aura retrouvé et de la difficulté qu’aura représenté ce travail.
Article 16
Si, pendant l’épreuve en plaine, le chien n’a pas eu
l’occasion de chercher un gibier blessé, on procédera à un « rapport à l’aveugle »,
de préférence avec un gibier à plumes fraîchement
tiré.
Ce rapport devra s’effectuer de la façon suivante :
- hors de la vue du chien et du conducteur, l’oiseau sera jeté à une
quarantaine de mètres dans la végétation,
- au commandement après le coup de feu, le chien en quête libre
devra retrouver et rapporter l’oiseau , avec détermination.
- Le conducteur pourra accompagner le chien sur une dizaine de mètres
mais le jugement en tiendra compte.
Il ne sera pas permis d’exhorter ou d’exciter le chien pour le
pousser à saisir et à rapporter le gibier.
Chapitre 3
Le travail à l’eau
Article 17
Pour cette discipline, les organisateurs devront fournir des canards d’apparence proche du colvert.
L’épreuve sera jugée, dans un ordre indifférent,
sur les phases obligatoires suivantes :
- le pistage sur l’eau,
- la recherche dans la végétation aquatique,
- la poursuite à vue,
le rapport.
a) un canard non volant sera posé sur la berge par un juge. L’endroit
sera marqué par des plumes ou du duvet.
On fera en sorte que le canard crée une piste sur l’eau avant
de se réfugier dans la végétation, sur une distance
suffisante (10m) pour que la prise d’émanation en eau profonde
puisse être appréciée sans ambiguïté par
le jury. Quand le canard se sera réfugié dans les roseaux,
et seulement à ce moment là, le concurrent sera appelé.
Le chien devra trouver, le faire partir et le poursuivre activement jusqu’au
moment où les juges estimeront opportun que le canard soit tiré.
Le chien devra aussitôt rapporter le canard.
En fonction des conditions de déroulement de l’épreuve
(configuration de la pièce d’eau, comportement du gibier), le
jury pourra décider de poursuivre l’examen avec un autre oiseau.
b) un canard mort sera ensuite lancé par un des juges, à une
grande distance de la berge, en eau profonde.
Au commandement, le chien devra immédiatement se jeter à l’eau
et aller chercher le canard pour le rapporter correctement.
c) Tout chien, qui au sortir de l’eau aura laissé tomber ou aura déposé le canard, aura sa note diminuée d’un point.
Article 18
La dent trop douce et la dent trop dure seront prises en compte dans les appréciations du jury.
CHAPITRE 4
JUGEMENTS-COTATIONS-RECOMPENSES
Article 19 : classement des chiens
Le brevet est noté sur 32 points ; chaque épreuve est notée de 0 à 4 en fonction des qualificatifs suivants :
0- Très insuffisant
1- Insuffisant
2- Très bon
3- Excellent
Le jury ne donnera pas de notes intermédiaires.
Les notes pour les parties « rapport en général » et
obéissance et maniabilité seront délivrées par
l’ensemble du jury des deux disciplines en réunion.
Article 20
Les chiens pourront être classés en 1ère, 2ème
ou 3ème en fonction des minima précisés ci-après.
Les premières et seconde catégories permettent l’accès à la
classe travail en exposition.
Matières Catégories
1 2 3
1 Travail en plaine
1.1 Nez 4/4 3/4 2/4
1.2 Quête, style 4/4 3/4 2/4
1.3 Arrêt ou prise de points pour les spaniels 4/4 3/4 2/4
1.4 Travail sur perdrix ou faisan désailé ou façon de
retrouver un gibier mort, posé 3/4 3/4 2/4
2 Travail à l’eau
2.1 Traquer et pister le canard 4/4 3/4 2/4
2.2 Façon de retrouver le canard et de le rapporter en eau profonde
3/4 3/4 2/4
3 Rapport en général
Façon de rapporter canard, perdrix ou faisan 3/4 3/4 2/4
4 Obéissance et maniabilité
Jugée sur l’ensemble des exercices 3/4 3/4 2/4
28/32 24/32 16/32
Article 21
Le chien ayant obtenu une note inférieure à 2 dans une épreuve
ne pourra continuer dans la discipline en cours.
Il pourra néanmoins participer aux épreuves de l’autre
discipline.
En particulier, un chien éliminé sur terre pourra, toutes conditions
remplies, se voir délivrer le Brevet de Travail à l’Eau.
Dans la circonstance d’un chien éliminé dans l’une
des deux disciplines, le jury le signalera au conducteur en lui précisant
qu’il pourra participer à l’autre discipline s’il
ne l’a déjà fait.
En cas d’élimination dans la première discipline, le
conducteur ne souhaitant pas participer à la seconde, en avertira
le second jury par courtoisie.
Article 22 : autres récompenses
En dehors du classement par catégories, aucune autre récompense
ne sera attribuée, à l’exception du CACIT et de la RCACIT
s’ils sont accordés par la FCI.
Un prix d’honneur ou un challenge pourra néanmoins être
décerné au meilleur chien de la journée en l’absence
de CACIT, si besoin à l’issue d’un barrage.
Un chien classé en 1ère catégorie avec 32 points devra
faire l’objet d’une annotation particulière sur la feuille
de notes.
Ce maximum de points ne récompense que le travail d’un chien
efficace, parfaitement dressé, bien dans l’esprit de l’épreuve
et disposant des caractéristiques essentielles inhérentes à sa
race.
Article 23 : attribution du CACIT
Le BICP est homologué par la FCI comme épreuve de chasse sur
terre et à l’eau pour les chiens continentaux.
La FCI peut, à la demande de la Société Centrale Canine,
doter le BICP du CACIT, réservé aux chiens ayant obtenu 32
points.
Le CACIT réservé aux chiens ayant obtenu 32 points consiste
en un barrage classique en plaine, couru en couple et jugé en application
des dispositions générales fixées par la FCI sur l’allure,
le style et la prise sur le terrain.
Si un seul chien a obtenu au cours de la rencontre la maximum de 32 points,
il ne sera pas nécessaire de le confronter à un autre chien
dans un barrage, le jury l’ayant jugé au cours de l’épreuve
sur terre étant habilité à lui accorder le CACIT.
Article 24
Chaque année, une finale des épreuves de BICP sera organisée par la Société Centrale Canine. Les conditions de participation à cette manifestation seront fixées annuellement par la commission d’utilisation.
Article 25 : réclamation
Toute réclamation devra être formulée par écrit
dans les 24 heures au responsable de la manifestation accompagnée
d’une somme égale au tarif de l’engagement qui restera
acquise à la société organisatrice si la réclamation
n’est pas reconnue fondée. Les organisateurs transmettront dans
les quinze jours la réclamation au président de la commission
d’utilisation, accompagnée d’un rapport circonstancié.
La réclamation après avis de la commission sera transmise au
conseil de discipline de la SCC pour décision.