A propos des expositions

Dans un précédent bulletin je m’adressais à l’exposant débutant en lui proposant une sorte de guide sur ce qu’il devait faire pour être un parfait exposant. Donc, imaginons sa première exposition terminée, tout s’est bien passé, je l’espère. Il est donc rentré chez lui avec tout un tas de questions sur ce qu’il a vu et vécu pendant la journée.

Ces expositions à quoi servent-elles finalement, car son chien est le plus beau du monde ?

Différentes expositions

Nous avons plusieurs types d'expositions.

Les Expositions multi races NATIONALES

Elles attribuent un Certificat d’Aptitude au Championnat de Conformité au Standard (CACS) et prétendent donc à une fonction sélective. C’est la SCC qui en établit le calendrier et gère l’homologation des champions. Elles regroupent environ 500 à 1500 chiens, les juges sont choisis par l’organisateur, sauf pour les spéciales de race (le club proposant aux choix deux juges).

Les Régionales ou Nationales d’ELEVAGE

Réservées à une seule race. Le Club choisit les juges et les jugements se font en collectif, d’où une volonté de sérieux. Lors des Nationales d’Elevage le CACS est décerné, nécessaire pour l’obtention du titre de Champion de France de Conformité au Standard. Par contre, ne sont attribués que des qualificatifs au cours des Régionales, néanmoins nécessaire pour la cotation des géniteurs.

Les Expositions INTERNATIONALES

Gérées par la F.C.I. elles accordent le Certificat d’Aptitude au Championnat International de Beauté (C.A.C.I.B.). C’est donc la F.C.I. (siège en Belgique) qui homologue les titres de champions Internationaux.

Les juges sont très expérimentés. Il peut être fait appel à des juges étrangers multi races qui n’ont pas la même formation, ni les mêmes critères de jugement que les juges français. C’est pour répondre à cette pratique que la SCC a décidé de former des juges de groupe.

Leur but

Le jugement d’exposition est indissociable de la notion de race : cet examen permet d’apprécier les caractéristiques physiques d’un chien, par comparaison à une description du sujet idéal appelée standard. Puisqu’il détermine l’appartenance à une race, c’est un élément capital du système cynophile. Le standard est le document fondamental auquel se réfère le juge. Il doit parfaitement le connaître, sans pour autant borner là son étude. Car les standards sont plus ou moins précis, ils décrivent un chien virtuel, une forme parfaite, le but de la sélection étant de produire des sujets s’en approchant au maximum. -Je dis « un chien virtuel » car si jamais vous essayiez de créer un tel modèle cela donnerait un drôle de résultat-

Les jugements

Le juge pour ses jugements s’appuie donc sur le standard et procède en deux temps ; tout d’abord par la partie quantitative, c’est ce que l’on peut mesurer et compter : la taille au garrot, la longueur du corps, les dents, présence de deux testicules etc… Puis ensuite : l’examen qualitatif, de la tête et la morphologie du corps . La tête c’est le « type », nous considérons que le type en tête est le critère de race le plus important, il s’apprécie par la structure du crâne et du chanfrein, la couleur et la forme des yeux, l’implantation et la longueur des oreilles, cet ensemble donne l’expression du chien si particulière à la race.

Les différentes régions du corps partent de la tête en descendant l’encolure qui doit être dégagée, la ligne du dos, le rein, la queue très importante aussi dans la notion de race, de par sa forme, son attache, son port et la garniture en soie. La poitrine dans ses trois dimensions : hauteur, largeur et longueur ou profondeur, pour un chien de chasse c’est un élément fondamental car il participe à son oxygénation pendant la course. Les membres (ossature, aplombs et angulations), la fourrure (longueur et couleur du poil), la démarche appréciée au petit trot, le juge vérifie s’il n’y a pas d’anomalie fonctionnelle. La présentation du chien, qui ne doit pas montrer d’agressivité envers l’homme ni à l’égard de ses congénères, se laissant bien examiner.

Cet examen individuel de chaque sujet peut prendre entre 5 à 10 minutes fonction de la coopération du chien.

L’exposant lui, doit autant que faire se peut, présenter un chien en bon état, propre et faciliter la tâche du juge lors de l’examen individuel.

Les qualitificatifs

Le juge exprime ensuite la qualité du chien selon une échelle de 5 qualificatifs : Excellent, Très Bon, Bon, Assez Bon et Insuffisant. On peut dire que les meilleurs se rapprochent donc de très près de l’idéal du standard, les autres s’en éloignent peu à peu. L’Insuffisant, refusé à la confirmation, soit ne présente pas assez de critères de race, on dit manque de type ou bien possède un défaut anatomique éliminatoire comme par exemple un seul testicule pour le mâle ou un manque de certaines dents 

Parmi le lot des Excellents, le juge en choisit quatre, qu’il classera ensuite. Il attribue s’il estime que les chiens les méritent (ce n’est pas systématique), les Certificats, CACS : Certificat d’Aptitude de Conformité au Standard, ou CACIB : Certificat d’Aptitude au Championnat International de Beauté pour ce dernier si l’exposition est dite « Internationale » au premier chien classé et au deuxième, toujours s’il le mérite la Réserve de CACS ou de CACIB.

Entre le meilleur mâle et la meilleure femelle, le juge choisira le meilleur de race, qui concourra en fin de journée dans le ring d’honneur pour le meilleur de groupe, (nous sommes dans le 7ème) puis s’il réussit, pour le meilleur de l’exposition. Mais à ce niveau de la compétition le jugement se porte plus sur les allures et la présentation du chien que sur son standard à proprement parlé, étant donné que s’il se trouve choisi meilleur de sa race, il est déclaré conforme.

Les divergences de jugement sur un même chien, d’un juge à l’autre résultent surtout du fait que la hiérarchie des défauts et des qualités n’est pas identique pour tous : l’un privilégiera toujours le type en tête, l’autre se montrera sévère sur un défaut morphologique, l’autre encore sera sensible à la perfection des allures et présentation.

En conclusion

On peut avancer que le jugement d’exposition doit plus servir à la sélection de masse (indispensable au maintien d’une bonne variabilité génétique dans une race) qu’à la fabrication d’une élite restreinte. Notre rôle est donc d’encourager massivement les propriétaires à passer leur chien au crible d’un maximum de jugement sous des juges différents pour avoir sa valeur. Les classements et Certificats participent à la promotion du chien de race et récompensent les efforts des éleveurs, mais ne doivent pas devenir la seule finalité du jugement.

Il est vrai que pour le néophyte et le public, ce qui se passe dans le ring, peut être considéré comme incompréhensible. Il y aurait certainement un effort à faire pour certains juges de se mettre à la porté des débutants en expliquant le pourquoi de leur jugement.


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